
Le 8 avril, la FFB Grand Paris accueillait la Journée annuelle des Ambassadeurs de l'Artisanat de la FFB. En ouverture, Philippe Plantin, Président du Conseil de l'Artisanat, a rappelé le contexte de ce rendez-vous : des réseaux consulaires sous pression financière, une gouvernance de CMA France ayant bloqué toute discussion sur la réforme voulue par l’Etat, une position claire de l’assocation Fiers d’être Artisans d’avancer constructivement avec toutes les parties prenantes, et une attente forte des ressortissants de simplification et d’efficacité.
La « Maison commune » : un consensus qui s’affirme
Une première table ronde réunissait Geoffroy Cailloux (DGE), Alain Di Crescenzo (CCI France), Amir Reza‑Tofighi (CPME) et Olivier Salleron (FFB). Les discussions ont fait émerger un constat partagé entre ces trois derniers : le rapprochement entre les réseaux des CMA et des CCI n’est plus une hypothèse lointaine. L’idée d’une « Maison commune », défendue par la FFB et la CPME, qui pourrait mener à terme à un établissement unique, une « chambre économique territoriale », s’impose progressivement, justifiée par des impératifs de cohérence, de lisibilité de l’action publique à destination du monde économique, et de rationalisation des moyens.
L’Assemblée générale de CCI France s’est d’ailleurs déjà prononcée cet été, et très majoritairement, dans le sens d’une fusion, si les financements publics continuent de baisser conséquemment et régulièrement. Son président, Alain Di Crescenzo, a ainsi rappelé que 90% des missions des deux réseaux recouvraient les mêmes services. Ce qui va dans le sens d’un regroupement, même s’il demeure essentiel de préserver ce qui fait la spécificité de l’Artisanat, d’un côté, du commerce et de l’industrie, de l’autre. Il a toutefois estimé que la réussite du rapprochement repose sur trois conditions : un accord entre les interprofessions, dont la CPME et le Medef, une adhésion conjointe des deux réseaux consulaires au projet et, enfin, une intervention législative pour clarifier le cadre.
Un rapprochement soutenu par les entreprises
Amir Reza-Tofighi a abondé dans ce sens, tout en indiquant que la recherche d’économies ne constitue pas un projet en soi. Pour lui, la réforme doit être structurée à partir des besoins concrets des entreprises et des dirigeants, une conviction que la Section Artisanat de la CPME, traduit au quotidien dans ses travaux. Il a rappelé que, selon un sondage Ipsos de 2024, plus de 70 % des entreprises inscrites en CMA soutiennent l’idée d’une maison économique unifiée.
Olivier Salleron, pour sa part, a salué l’évolution des positions. Face à l’érosion des moyens publics et au risque d’affaiblissement, voire de disparition, des réseaux consulaires, il voit la Maison commune comme une évidence, d’autant que les deux tiers des entreprises du bâtiment relèvent à la fois des CMA et des CCI.
Tout en indiquant que les réseaux consulaires devaient être absolument préservés, en tant que relais de proximité de la politique économique de l’Etat, le représentant de la DGE a, quant à lui, rappelé que la loi PACTE de 2019 offrait déjà un cadre adapté pour favoriser une synergie renforcée entre les CMA et les CCI.
Une étape politique importante
La seconde table ronde, avec Vincent Gaud, Président de la CMA-R AURA, et Jean-David Dreyfus, Professeur de droit public à Paris, consacrée aux moyens à mettre en œuvre et à des exemples européens, a néanmoins révélé l’importance d’une intervention législative pour bâtir un nouveau modèle efficace, au service des entreprises et des artisans.
Les échanges avec les participants, qui ont suivi ces deux tables rondes ont permis d’ancrer les débats dans la réalité du terrain. Nathalie Laporte, présidente de la CMA de Gironde, Vincent Diot, président de la CMA Val-de-Marne, et Valérie Pons, Présidente de la Section Artisanat de la CPME, ont rappelé, en présence de Geoffroy Cailloux, les synergies opérationnelles qui pouvaient déjà exister, avec une exigence de proximité, de lisibilité dans la gouvernance et de respect de l’identité artisanale. Le message a également été de porter une vision moderne, lisible et efficace de la représentation économique, en dépassant les logiques de structures pour se concentrer sur l’essentiel : accompagner, défendre et faire grandir nos entreprises.
Comme l’a affirmé Philippe Plantin, Président du Conseil de l’Artisanat, en conclusion de cette matinée, ce temps proposé a marqué une nouvelle étape dans le projet porté par la FFB, en adéquation avec la CPME, en ayant permis de réunir autour d’une même table CCI France, la CPME et la FFB, avec la DGE comme témoin de la détermination de ces structures à avancer ensemble sur la réforme des chambres consulaires.
